Le SVI soutient la liberté d’expression

Le militantisme passe aussi par Internet

Pourquoi le SVI soutient le réseau Tor

Au SVI, nous aimons les idées, les débats et les réflexions. Mais nous pensons aussi que les valeurs n’ont de sens que lorsqu’elles se traduisent en actes concrets.

Dans le monde associatif, il est parfois facile d’écrire de beaux textes sur la solidarité internationale, la citoyenneté, les droits humains, la liberté d’expression ou l’accès à l’information. Les rapports s’accumulent, les déclarations se multiplient et les bonnes intentions ne manquent jamais. Pourtant, lorsqu’il s’agit d’agir concrètement, les initiatives sont parfois plus discrètes.

Le Service Volontaire International n’a ni la prétention de changer le monde à lui seul ni les moyens des grandes institutions internationales. Mais depuis plus la création du SVI au Vietnam, nous essayons, à notre échelle, de poser des actes réels. Des actes parfois modestes, parfois invisibles du grand public, mais qui contribuent concrètement à renforcer les échanges entre les peuples, l’accès à l’information et la coopération internationale.

Cette volonté se traduit par l’organisation de projets de volontariat dans plus de 80 pays, par l’accompagnement de milliers de jeunes chaque année, par le soutien à des associations locales, mais aussi par des initiatives moins visibles.

L’une d’entre elles consiste à héberger un relais du réseau Tor.

Pourquoi une association de volontariat s’intéresse-t-elle à Internet ?

Parce qu’aujourd’hui, les échanges internationaux ne passent plus uniquement par les voyages, les rencontres physiques ou les correspondances papier.

Les jeunes, les volontaires, les associations, les enseignants, les chercheurs et les citoyens communiquent quotidiennement grâce à Internet. Ils y trouvent des informations, développent des projets, participent à des formations, échangent des idées et construisent des partenariats.

Pourtant, dans de nombreux pays où le SVI est actif, cet accès à l’information n’est pas toujours garanti.

Certains gouvernements bloquent des sites d’information, filtrent les réseaux sociaux, surveillent les communications ou limitent l’accès à certains services étrangers. Dans d’autres régions du monde, des journalistes, des étudiants, des militants associatifs ou de simples citoyens doivent faire preuve d’une grande prudence pour accéder à certaines informations ou communiquer librement.

Le SVI travaille depuis longtemps avec des partenaires présents dans des contextes très différents. Nous savons que l’accès à l’information, la protection de la vie privée et la liberté de communication peuvent parfois représenter bien plus qu’une simple question technique.

Qu’est-ce que Tor ?

Tor est l’acronyme de « The Onion Router ».

Il s’agit d’un réseau mondial composé de plusieurs milliers de serveurs répartis dans des dizaines de pays. Ces serveurs sont mis à disposition par des bénévoles, des universités, des fondations, des associations et des citoyens du monde entier.

L’objectif de Tor est de permettre aux utilisateurs d’accéder à Internet de manière plus libre et plus respectueuse de leur vie privée.

Lorsque vous utilisez Internet de manière classique, votre ordinateur se connecte directement au site web que vous souhaitez consulter. Votre fournisseur d’accès à Internet, votre employeur, votre université ou d’autres intermédiaires peuvent alors parfois savoir quels services vous utilisez.

Avec Tor, les données empruntent un chemin beaucoup plus complexe.

Au lieu d’aller directement vers leur destination, elles transitent par plusieurs relais indépendants répartis dans différents pays.

Chaque relais ne connaît qu’une partie du trajet :

  • le premier relais connaît l’utilisateur mais ignore la destination finale ;
  • le relais intermédiaire ne connaît ni l’origine ni la destination ;
  • le dernier relais connaît la destination mais ignore l’identité de l’utilisateur.

Les informations sont protégées par plusieurs couches successives de chiffrement, comparables aux couches d’un oignon. C’est cette architecture qui a donné son nom au projet.

Ce système rend beaucoup plus difficile la surveillance des communications ou le blocage de l’accès à certaines ressources.

Le rôle du relais du SVI

Le serveur hébergé par le SVI est un relais intermédiaire du réseau Tor.

Concrètement, il aide simplement à transporter des données à l’intérieur du réseau.

Il est important de préciser que le SVI n’exploite pas un « nœud de sortie » (exit node). Notre serveur ne constitue donc pas la dernière étape avant l’accès à Internet.

Nous ne savons pas qui utilise le réseau Tor.

Nous ne savons pas quels sites sont consultés.

Nous ne connaissons ni le contenu des communications ni l’identité des utilisateurs.

Notre relais ne fait qu’apporter sa capacité de calcul et sa bande passante à une infrastructure mondiale utilisée quotidiennement par des millions de personnes.

Plus il existe de relais indépendants dans différents pays, plus le réseau est robuste, résistant à la censure et utile à ses utilisateurs.

Qui utilise Tor ?

Contrairement à certaines idées reçues, Tor n’est pas un outil réservé aux experts en informatique.

Il est utilisé chaque jour par :

  • des journalistes protégeant leurs sources ;
  • des chercheurs travaillant sur des sujets sensibles ;
  • des étudiants souhaitant accéder à des ressources bloquées ;
  • des associations de défense des droits humains ;
  • des lanceurs d’alerte ;
  • des ONG internationales ;
  • des citoyens vivant dans des pays où l’accès à Internet est limité ;
  • mais aussi par de simples internautes soucieux de mieux protéger leur vie privée.

Tor est également utilisé par de nombreuses organisations publiques, universités, médias et institutions à travers le monde.

Comment utiliser Tor ?

L’utilisation de Tor est relativement simple.

Sur ordinateur

  1. Rendez-vous sur le site officiel : https://www.torproject.org
  2. Téléchargez Tor Browser.
  3. Installez-le comme n’importe quel navigateur.
  4. Cliquez sur « Se connecter ».
  5. Vous pouvez ensuite naviguer sur Internet via le réseau Tor.

Sur Android

Tor Browser est disponible gratuitement sur le Play Store ainsi que sur le site officiel du projet.

Sur iPhone et iPad

L’application Onion Browser permet d’utiliser le réseau Tor sur les appareils iOS.

Tor n’est pas une solution miracle

Comme tous les outils numériques, Tor possède ses limites.

Il ne remplace ni le bon sens, ni l’esprit critique, ni les bonnes pratiques de sécurité informatique.

Un utilisateur qui publie volontairement ses informations personnelles sur les réseaux sociaux ne deviendra pas anonyme simplement parce qu’il utilise Tor.

De même, Tor ne protège pas contre toutes les formes de surveillance ou de collecte de données.

Il constitue cependant un outil précieux permettant de renforcer la protection de la vie privée, de faciliter l’accès à l’information et de préserver un Internet plus ouvert.

Une petite contribution à une grande infrastructure mondiale

Le relais hébergé gratuitement par le SVI ne représente qu’une infime partie du réseau Tor mondial.

Il ne révolutionnera pas Internet.

Il ne mettra pas fin à la censure.

Il ne garantira pas à lui seul la liberté d’expression.

Mais il constitue une contribution concrète à une infrastructure mondiale fondée sur la coopération, l’entraide et la participation volontaire.

Comme les projets de volontariat que nous soutenons depuis plus de trente ans, le réseau Tor repose sur une idée simple : lorsque des milliers de personnes et d’organisations apportent chacune une petite contribution, il devient possible de construire quelque chose qui dépasse largement les moyens de chacun pris individuellement.

C’est cette conviction qui guide le SVI depuis sa création : les changements les plus durables naissent rarement des grands discours. Ils naissent le plus souvent de milliers d’actions concrètes, modestes mais réelles, réalisées par des citoyens qui choisissent de s’engager.